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Valéry Arzoumanov est né en 1944 à Kotchmes (République des Komis, ex URSS), dans un camp où ses parents purgeaient une peine depuis 1936 comme ennemis du peuple (ils seront réhabilités à la fin des années cinquante). Il a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans à Vorkouta, une des célèbres capitales du Goulag.

De 1958 à 1963, il étudie le violon et la composition à l’École spéciale de musique de Léningrad. De 1963 à 1968, lauréat d’une bourse personnelle du Conservatoire supérieur de Léningrad (bourse Tchaïkovski), il continue ses études de composition chez Vadim Salmanov avec lequel il poursuit sa formation en «aspirantura» de 1968 à 1971.

Prix du concours de la télévision d’URSS à 23 ans pour son opéra Les Deux, il est admis à l’Union des compositeurs à 24 ans. A la même époque, il est nommé professeur de composition à l’École spéciale de musique, et d’instrumentation au Conservatoire supérieur de Léningrad.

Parmi les créations de cette époque, on peut citer les suivantes : Symphonie (Orchestre philharmonique de Léningrad, direction Alexandre Dmitriev) ; Concerto pour violon et orchestre (Philippe Hirshhorn et Orchestre philharmonique de Léningrad, direction Arvid Jansons) ; « Les Deux », opéra de chambre filmé par la première chaîne d’URSS (Studio expérimental de l’Opéra de Leningrad, direction Iouri Kotchnev) ; « Icare » (avec Alexandre Tchernov), ballet filmé par la Télévision de Léningrad ; Quatuor à cordes (Quatuor Taneev) ; plusieurs œuvres de musique vocale et intrumentale, créées par des musiciens réputés de Saint-Pétersbourg (Nadejda Jureneva, Tatiana Melentieva, Vitali Berzon, Anatoli Ougorski, Tatiana Voronina, Guennadi Kneller, Philippe Hirshhorn, Boris Pergamentchikov…). De 1966 à 1973, Valéry Arzoumanov a écrit aussi la musique de treize films (longs et courts métrages) pour les studios de cinéma de Léningrad, Moscou et Odessa, ainsi que la musique d’un spectacle pour le Théâtre de la Taganka à Moscou (mise en scène Iouri Lioubimov).

En 1974, ayant épousé une Française, il est exclu de l’Union des compositeurs, renvoyé de son travail et contraint d’émigrer. De 1974 à 1978, il étudie la composition au CNSM de Paris, dans la classe d’Olivier Messiaen, puis s’installe avec sa famille à Eu, en Seine-Maritime. Naturalisé Français, il est professeur d’analyse et de déchiffrage au CNR de Rouen jusqu’en 2008.

En 1991, Valéry Arzoumanov est officiellement réintégré dans l’Union des compositeurs de Russie, et avec la perestroïka, sa musique est de nouveau régulièrement jouée, dans son pays d’origine, par de nombreuses formations et de nombreux solistes : Orchestre symphonique de Moscou, Orchestre philharmonique de Voronej, Orchestre philharmonique de Samara, Chœur du Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, Chœur du Conservatoire Rimski-Korsakov de Saint-Pétersbourg, Chœur Lege Artis de Saint-Pétersbourg, Chœur Orphée de Moscou, Grand Chœur de la Radio de Moscou, Quatuor de l’Union des compositeurs de Moscou, Modern Trio de Saint-Pétersbourg ; les pianistes Anatoli Orlovetski, Mikhaïl Kollontaï, Andreï Diev, Ksenia Knorré, Andreï Mikita, Alexandre Mekaïev, Vitali Berzon, Oleg Malov, Lukas Geniusas ; les violoncellistes Sergueï Rodlouguine, Sergueï Soudzilovski ; les violonistes Gidon Kremer, Alexandre Melnikov, Alexeï Koshvanetz, Nadejda Tokareva ; les chanteurs Boris Vassiliev, Iouli Khomenko, Andreï Slavny, Elena Liberova, Vera Belova, Galina Sidorenko, Olga Ptchelintseva. Ses œuvres sont programmées dans les salles les plus prestigieuses, à Moscou (Salle Tchaïkovski, Grande et Petite salles du Conservatoire, Salle de l’Institut Gnessine, Salle de l’Union des compositeurs, Musée Glinka, Musée Skriabine, Musée Roerich), à Saint-Pétersbourg (Petite salle de la Philharmonie, Salle du Conservatoire, Salle de l’Union des compositeurs) et dans des festivals (Printemps de Saint-Pétersbourg, Automne de Moscou, Musique du XXIe siècle de Sotchi). Au printemps 2001, un festival personnel de la musique de Valéry Arzoumanov est organisé pendant deux semaines en Russie (à Moscou, Samara, Penza, Toliatti et Obninsk).

Valéry Arzoumanov est compositeur en résidence au CNR de Rouen en 1992-1993 et au Conservatoire Darius Milhaud (Paris) de 2002 à 2004. À partir des années quatre-vingt, sa musique est régulièrement jouée en France. Parmi les créations importantes : Concerto pour alto (Liviu Stanese, direction Jean-Sébastien Béreau) ; « De l’enfance » pour orchestre à vents (Ensemble du CNR de Rouen, direction Jean-Louis Barbier) ; Sinfonietta pour cordes (Orchestre de chambre de Normandie, direction Olivier Holt) ; Suite de valses (Orchestre de chambre de Normandie, direction Gilles Benkemoun) ; Concerto pour violoncelle et ensemble de violoncelles (Dmitri Eremin et Ensemble de violoncelles de la Philharmonie de Saint-Pétersbourg, direction Anatoli Nikitin) ; « Si on dansait » (Orchestre de chambre de Moscou, direction Konstantin Orbelian) ; Concerto pour chœur a cappella « Prochtchenié » (Ensemble Musicatreize, direction Roland Hayrabedian) ; Sextuor à cordes (Sextuor Opus 62) ; Quintette avec piano « À la mémoire de ma patrie » (Sergueï Milstein et les solistes de l’Opéra et de la Philharmonie de Lyon) ; « Procession » pour quintette de cuivres (solistes de l’Ensemble Intercontemporain) ; Quatuor avec piano (Ensemble Milstein) ; Quatuor à cordes n°4 (Ensemble Gustav Mahler de Vienne) ; Quatuor pour flûte et trio à cordes (Ensemble Hélios) ; Trio pour violon, violoncelle et piano (Ensemble Milstein et Ensemble des solistes de la Philharmonie de Moscou) ; « Ballade » pour guitare, flûte, alto et violoncelle (Alain Rizoul et Ensemble Miroirs) ; Trio à cordes et Trois sonnets de Pétrarque pour soprano et ensemble (Maria Kobayachi et Ensemble À ciel ouvert, direction Bernard Calmel) ; Sonate pour clarinette et piano (Nusret Ispir et Stany Lasri), Sonate pour alto et piano (Natalia Tolstaïa et Sergueï Milstein) ; Sonate pour violoncelle et piano n°1 (Sergueï Soudzilovski et Alexandre Dmitriev violoncellistes ; Sergueï Milstein, Geneviève Girard et Natalia Soudzilovskaïa pianistes) ; Sonate pour violoncelle et piano n°2 (Alexandre Dmitriev et Sergueï Milstein) ; Sonate pour violon et piano n°1 (Alekseï Moshkov et Geneviève Girard) ; Sonate pour violon et piano n°2 (Nadejda Tokareva et Natalia Soudzilovskaïa) ; Sonate pour violon et piano n°3 (Jean-Luc Richardoz et Geneviève Girard) ; Sonate pour violon et piano n°4 (Maria et Sergueï Milstein) ; Sonates pour flûte et piano n°1 & 2 (Patrice Kirchhoff et Geneviève Girard) ; Sonate pour violon et violoncelle (Elena Denisova, Grigori Alumian) Sonates pour piano n°7 & 9 (Geneviève Girard).

Parmi les solistes, on peut citer : les chanteuses Elena Liberova, Odile Locquin, Sophie Pinchard, Maria Kobayachi, Ilona Orgonasi-Baldo, Corinne Laporte, Amaya Dominguez ; les pianistes Sergueï Milstein, Nathalia Milstein, Mikhaïl Kollontaï, Andreï Diev, Alexeï Kornienko, Lukas Geniušas, Geneviève Girard, Gilles Benkemoun, Christine Marchais, Peter Schmalfuss, Maxime Jeleznov, Sarah Crombach, Marie-Carmen Barboro, Aurélien Richard, Frank van de Laar, Thomas Weber ; les violonistes Gidon Kremer, Alexandre Melnikov, Alexeï Moshkov, Alexandre Skwortsov, Semyon Meerson, Grigori Zhislin, Elena Denisova, Olga Janovitch, Frantisek Novotny, Nadejda Tokareva, Maria Milstein, Ilja Gringolts et Jean-Luc Richardoz ; les altistes Liviu Stanese, Valérie Szlavik, Sabine Toutain, Natalia Tolstaïa, Marina Soudzilovskaïa et Nicolas Bône ; les violoncellistes Sergueï Soudzilovski, Alexandre Dmitriev, Anton Istomin, Vladislav Warenberg, Grigori Alumian, Csaba Bartos, Willie Guillaume, Bertrand Malmasson, Daniel Haefliger et Jean-Luc Bourré ; les clarinettistes Nusret Ispir, Jean-Luc Lample, Olivier Derbesse, Stéphanie Carne, Jean-Marc Fessard, Eric Porche et Ermo Huijstiker ; les flûtistes Séverine Isoir, François Ménard, Patrice Kirshhoff, Alexandre Korneev, Christel Rayneau et Kouchyar Shahroudi ; le trompettiste Pascal Vigneron ; le tromboniste Benny Slouchine ; le hautboïste Ivan Paisov ; le saxophoniste Marc Sieffert ; le guitariste Alain Rizoul ; l’accordéoniste Thierry Bouchet.

Créations dans d’autres pays : Microopéra « A la mémoire de Varlam Shalamov » (Ke-Theatre de Klagenfurt, Autriche) ; « A la mémoire d’Alban Berg » pour grand orchestre (Orchestre national de Russie, direction Bjorg Engeset, Festival de Carinthie, Autriche) ; Concerto pour alto et orchestre à cordes (Natalia Tolstaïa et Orchestre de Mount Vernon, direction Ulysse James, Washington) ; Conte d’automne pour quatuor avec piano (Sergueï Milstein et Swiss Chamber Concerts, Zürich, Genève, Bâle et Lugano). Trois concerts personnels ont été consacrés à la musique de Valéry Arzoumanov à Amsterdam avec l’ensemble Van Gogh et d’autres musiciens hollandais. Ses œuvres ont été jouées aussi en Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, Portugal, Norvège, Finlande, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Japon…

Le catalogue de Valéry Arzoumanov compte à ce jour plus de 270 titres. Plusieurs œuvres ont été éditées par les éditions Kompozitor, Muzyka et Ut en Russie, Billaudot, Combre et Delatour en France, Sikorski, Tonos et Accent en Allemagne. Valéry Arzoumanov est aussi l’auteur de plus de 200 chansons sur ses textes, de six recueils de poésie, ainsi que de plusieurs articles consacrés à la musique, publiés en Russie et en France.